Mathias Meunier, climatoseptique

Dans un contexte où le climatoscepticisme gagne du terrain en France, j’ai souhaité rencontrer l’un de ces Français qui doutent du réchauffement climatique ou de son origine humaine. Mathias Meunier (le nom a été changé pour des raisons de protection d’identité), 68 ans, retraité de la fonction publique et habitant d’une petite commune rurale, a accepté de répondre à mes questions. Loin des caricatures, ce dialogue vise à comprendre les ressorts d’une opinion qui, selon les dernières études, concernerait entre 35 et 43% de nos concitoyens.

Présentation et parcours

Liane : Merci d’avoir accepté cet entretien, Mathias. Pourriez-vous vous présenter brièvement ?

Mathias : Bonjour Liane. Je suis retraité depuis cinq ans maintenant, après avoir travaillé pendant 40 ans dans l’administration territoriale. J’habite en Haute-Loire, dans un village de 800 habitants. J’ai toujours vécu à la campagne et je suis très attaché à la nature, croyez-moi. Je jardine, je ramasse des champignons, je pêche occasionnellement.

Liane : Comment définiriez-vous votre rapport à l’écologie ?

Mathias : Je me considère comme quelqu’un qui respecte l’environnement. Je trie mes déchets, j’ai un compost, je n’utilise pas de produits chimiques dans mon jardin. Mais je suis agacé par ce discours alarmiste permanent sur le climat. On nous culpabilise sans arrêt.

Liane : À quel moment avez-vous commencé à douter des discours sur le changement climatique ?

Mathias : J’ai toujours été méfiant face aux discours catastrophistes. Mais c’est vraiment depuis 2020, avec toutes ces restrictions pendant la pandémie, que j’ai commencé à m’interroger davantage. J’ai eu l’impression qu’on utilisait la même méthode : créer la peur pour contrôler les gens. Et puis, quand on regarde l’histoire de la Terre, il y a toujours eu des variations climatiques.

A LIRE EGALEMENT:  Le choc : La vérité effrayante derrière la propreté de vos pare-brises

Questionnement sur le climat

Liane : Précisément, quelle est votre position sur le changement climatique actuel ?

Mathias : Je ne nie pas qu’il y ait des modifications du climat. Ce que je conteste, c’est qu’elles soient principalement dues à l’activité humaine. La Terre a connu des périodes glaciaires et des réchauffements bien avant l’ère industrielle. Je pense que les cycles solaires ou l’activité volcanique jouent un rôle plus important que ce qu’on veut nous faire croire.

Liane : Que pensez-vous du consensus scientifique sur la question ?

Mathias : Quel consensus ? J’ai lu des articles de scientifiques qui ne sont pas d’accord avec cette théorie. On ne leur donne juste pas la parole dans les grands médias. Et puis, la science s’est déjà trompée par le passé. Dans les années 70, certains prédisaient un refroidissement global. Maintenant c’est l’inverse. Comment être sûr ?

Liane : Les rapports du GIEC rassemblent pourtant des milliers d’études…

Mathias : Le GIEC est un organisme politique avant tout. Il est financé par des gouvernements qui ont intérêt à promouvoir certaines politiques. Et puis, ces modèles climatiques sont constamment révisés. Si la science était si certaine, pourquoi faudrait-il réviser les prévisions tous les quatre ans ?

Liane : Avez-vous personnellement observé des changements dans votre environnement ?

Mathias : Bien sûr, les saisons semblent moins marquées qu’avant. Mais j’ai 68 ans, j’ai connu des étés très chauds dans ma jeunesse aussi. Ma mémoire me jouait-elle des tours ? En 1976, nous avons eu une sécheresse terrible. Personne ne parlait de changement climatique à l’époque. C’était juste la météo.

Motivations et influences

Liane : Où vous informez-vous sur ces questions ?

A LIRE EGALEMENT:  Restauration vs Réensauvagement : Les Clés pour la Biodiversité

Mathias : Sur internet principalement, mais pas sur les sites mainstream. Je regarde des vidéos sur YouTube, je lis des blogs de scientifiques indépendants. J’essaie de me faire ma propre opinion. Les médias traditionnels ne présentent qu’un seul point de vue.

Liane : Certains estiment que le climatoscepticisme est lié à des positionnements politiques. Qu’en pensez-vous ?

Mathias : C’est vrai que je me situe plutôt à droite politiquement. Je n’ai pas voté pour les écologistes, c’est certain. Mais réduire mon scepticisme à mes opinions politiques serait simpliste. Je pense que l’écologie a été confisquée par une certaine gauche qui l’utilise pour imposer ses vues sur l’économie et la société.

Liane : Les études montrent que le niveau de revenus et d’éducation influencent souvent ces opinions…

Mathias : Je n’ai pas fait d’études supérieures, c’est vrai. Mais je ne suis pas idiot pour autant. On n’a pas besoin d’être docteur en climatologie pour voir que les prédictions alarmistes ne se réalisent pas. Et concernant les revenus, oui, ma retraite est modeste. Peut-être que je suis plus sensible aux augmentations des taxes sur l’essence ou le chauffage au nom de l’écologie. Ces mesures pénalisent toujours les plus modestes.

Attentes et perspectives

Liane : Qu’est-ce qui pourrait vous faire changer d’avis sur la question ?

Mathias : Des preuves concrètes, pas des modèles informatiques. Et surtout, j’aimerais un débat plus ouvert, où on peut exprimer des doutes sans être traité d’obscurantiste. Si on me montrait que les mesures proposées sont réellement efficaces et équitablement réparties, je pourrais réviser ma position.

Liane : Quelles solutions environnementales seriez-vous prêt à soutenir ?

A LIRE EGALEMENT:  Fête des pères : nos astuces pour un moment écoresponsable

Mathias : Je suis favorable à la lutte contre les pollutions visibles et concrètes : plastiques dans les océans, déforestation, protection de la biodiversité. Je soutiens aussi l’indépendance énergétique de la France, notamment via le nucléaire. Mais je m’oppose aux taxes qui frappent injustement les ruraux comme moi, obligés d’utiliser leur voiture faute d’alternatives.

Liane : Quel avenir environnemental imaginez-vous pour vos petits-enfants ?

Mathias : J’ai trois petits-enfants et je m’inquiète pour eux, bien sûr. Mais pas tant à cause du climat que de la désindustrialisation de notre pays, du chômage, de la dette. Je crois que l’humanité s’adaptera aux changements climatiques comme elle l’a toujours fait. Je crains davantage les conséquences sociales des politiques climatiques précipitées.

Climatoscepticisme, avant tout une crise de confiance !

En quittant Mathias Meunier, je mesure le fossé qui sépare les différentes perceptions de la crise climatique dans notre société. Son témoignage illustre parfaitement les conclusions de l’étude menée par l’ONG Parlons Climat : un climatosceptique plutôt âgé, aux revenus modestes, de sensibilité politique de droite, et méfiant envers les mouvements écologistes.

Ce dialogue montre aussi que derrière le climatoscepticisme se cachent souvent des préoccupations sociales et économiques légitimes, ainsi qu’une défiance envers les institutions. Comprendre ces ressorts est essentiel pour construire un dialogue inclusif sur les défis environnementaux qui nous attendent collectivement.

Alors que le climatoscepticisme progresse en France, touchant désormais plus d’un tiers de la population selon les dernières études, il devient urgent de repenser notre façon de communiquer sur ces enjeux, sans culpabilisation ni simplification excessive.

By Liane Duranseau

Née le 8 juillet 1980 dans le centre de la France, Liane Duranseau est une passionnée de low tech, de DIY et d'autonomie. Ayant étudié les sciences environnementales, elle a choisi de consacrer sa vie à promouvoir des modes de vie durables. La biographie de Liane Duranseau reflète son engagement envers un mode de vie simple, respectueux de l'environnement, et encourageant l'autonomie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *